Publisher's Synopsis
Vers la fin du dernier siècle, les nouvelles doctrines littéraires venaient de triompher en Allemagne, et rien ne faisait encore pressentir dans les arts une révolution analogue. Tandis que les poètes et les philosophes proclamaient hautement la restauration du génie national, les peintres et les statuaires se traînaient encore à la suite de l'école française ou de l'école italienne modifiée par Mengs. Imitateurs serviles, ils se vouaient volontairement à l'oubli. À peine attiraient-ils sur leurs oeuvres l'attention du petit cercle qui les environnait. L'obscurité qui les cachait aux yeux du monde s'étendait presque jusqu'à leurs devanciers. Les artistes de la France et de l'Italie ne parlaient de ces vieux maîtres de l'Allemagne qu'avec ce mépris confiant qu'inspire une incontestable supériorité. Quand les chefs de l'école gallo-grecque alors de mode, voulaient donner à leurs élèves des exemples de pauvreté de style, de sécheresse de dessin, de raideur et de dureté, ils les cherchaient au-delà du Rhin; les tableaux d'Albert Dürer, de Lucas Cranach et d'Holbein, les seuls artistes de ces vieilles écoles qu'ils connussent, les leur fournissaient. Goethe et les critiques allemands, qui presque tous avaient adopté les idées de Winckelmann, ne différaient pas essentiellement d'opinion avec les critiques étrangers...